Je suis le Dr Emmanuel Nji Fombang, neurologue diplômé de l’Université de Yaoundé I, Faculté de Médecine et Sciences Biomédicales. En plus de dix années de pratique au Cameroun, j’ai été témoin de nombreuses histoires marquantes. Mais aucune ne m’a plus bouleversé que celle d’un patient atteint de la maladie de Parkinson, injustement considéré comme… paresseux.
Mon patient était un instituteur d’une cinquantaine d’années. Il se déplaçait lentement, perdait souvent l’équilibre et laissait tomber des objets. Sa famille pensait qu’il « ralentissait à cause de l’âge », et ses élèves le surnommaient « paresseux » ou « lent à comprendre ». Pendant deux ans, il n’a reçu aucun diagnostic précis. Lorsqu’il est venu me consulter, la maladie avait déjà progressé de façon importante, affectant son travail et son moral. Le plus triste est que tout est parti d’un simple préjugé : « Il est juste paresseux ! »
La maladie de Parkinson est un trouble neurodégénératif chronique qui affecte directement le contrôle des mouvements. Elle se manifeste notamment par : Tremblements au reposLenteur des mouvements (bradykinésie)Rigidité musculaire, modification de la postureDiminution des expressions faciales, voix faibleSelon l’OMS, environ 10 millions de personnes vivent avec la maladie de Parkinson dans le monde, et environ 10 % sont diagnostiquées avant l’âge de 50 ans – un âge où l’entourage ne soupçonne généralement pas une maladie neurologique.
Le cas de mon patient en est la preuve : un mauvais diagnostic = une occasion manquée de traitement optimal. Les établissements spécialisés en neurologie disposent de : IRM et scannerÉlectroencéphalogramme (EEG) et évaluations neurologiquesÉquipes médicales hautement qualifiéesUne simple consultation sommaire ou l’autodiagnostic à domicile peuvent entraîner des malentendus, aggraver la maladie et causer des souffrances psychologiques.
La maladie de Parkinson n’affecte pas uniquement le cerveau. Elle est étroitement liée à la santé cardiovasculaire : Les patients atteints présentent un risque plus élevé d’hypertension, d’arythmie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.Des facteurs cardiovasculaires comme un taux de cholestérol élevé, le stress et la sédentarité peuvent accélérer la dégénérescence neurologique.C’est pourquoi les patients atteints de Parkinson devraient bénéficier d’un suivi pluridisciplinaire, notamment entre le neurologue et le cardiologue.
Une société qui comprend est une société plus bienveillante. Tant que nous collons l’étiquette de « paresseux » aux personnes malades, nous les éloignons d’une vie digne et de qualité. Si vous observez chez quelqu’un : Une lenteur inhabituelle dans les mouvementsDes tremblements incontrôlables des mainsUne tendance à faire tomber des objetsUne diminution des expressions du visageNe jugez pas. Encouragez cette personne à consulter un neurologue. Je crois fermement que : « Un diagnostic correct au bon moment peut sauver une vie entière. » Je – et tous les médecins qui exercent avec intégrité – resterai toujours prêt à vous accompagner.